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________________________ ° 1 er Prix ° Texte de Lalouette © __________________________
A coup de pelle,
La séduction du fossoyeur.
Et les fleurs des champs, et les fleurs des champs...
De paradoxes. Pourquoi descendre aussi bas ? Le refus d'oublier. J'offre au monde l'avatar précoce de la création, la nuit comme un couteau, qui glisse le long des draps. Je cacherai les cendres à vos yeux grossiers, pâles fantômes. Immature l'arbre de vos fruits, pourris. Je creuse, je creuse. Allons nous en. Fuyons les avortés, j'enterrerai même les dieux. La liqueur de vos passions, l'éternelle humeur d'un décor enflammé. J'ai volé les actes, et les scènes, ma patience n'est plus que dans l'ennui. Le vide des vers, le vide des mots, le goût du néant. Microcosme aveugle, peuple des soumis, servilité hypocrite, le ver philanthrope. On peut voir encore des petits morceaux de viande se coincer dans ses anneaux, et le beurre fait d'autant plus luire son corps poisseux, son corps de noyé, son meurtre, son sang lourd, confondant le ciel à la terre. Les nuages sont bas ce soir. La lune touche les crucifix, et l'on monte, et l'on monte, jusqu'à caresser les anges. Ma reine, mes vers, mon diable, comte sois de mon temps, et ses rustres présages, j'annonce l'horreur dans le mariage. Vos vies vautrées aux velours de mes coussins, mon c½ur et ma pelle, comme derniers témoins. J'ouvre les boites, et pille les caveaux. Fantôme, brise de l'âme, à jamais vaincu. Substitut pathétique de notre condition, comme j'aimerai te recouvrir de ma terre, recouvrir le ventre, pour mieux fuir le passé. Remonte donc l'utérus de nos fièvres, j'ai les yeux pleins de plomb, et les rats aux chevilles.
Il n'y aura de salut que pour les vers,
Le rire est dans les tombes.
Le rire est dans les tombes,
Et nos lèvres étirées,
Ne sont pas des sourires
Fantôme, ma tique,
Mime des pleurs,
Mon art de l'ennui !
Contre sa gorge diaphane,
Son teint livide n'en boira plus.
Faisons semblant, faisons semblant...
Il n'y a aucune raison !
« Elle dansait avec le vent, fatigué de ses tempêtes,
Dans une nuit opaque, de lierres et de tombeaux.
Et ensemble, orphelins jusque dans leurs rêves,
Le cygne s'envola, au dessus de ses corbeaux. »
Je crée pour me détruire,
Et son rien me conforte.
Je dois me confesser...
Le dernier chant, dans nos boites
Brisées.
« De ses pas jouant une dernière symphonie,
Celle des c½urs fanés, et des soleils éteints.
Le clair de lune reprend son hymne à la vie,
Retardant toujours plus son imminente fin. »
C'en est assez !
Apportez lui une tombe !
Apportez lui des fleurs...
Et la verve dans ce vent
Fige, mon corps, crispé,
Mes oreilles livides,
Contre vos doigts charmés ;
Le dernier rire des oiseaux,
Le dernier rire, le dernier rire...
« A genoux sur la scène, contemplant notre vide,
Je vole sur la nacelle de mes étoiles volées,
Espérant comme avant de nouvelles esquisses,
Inspirés du soleil et des ½uvres achevés. »
Mais l'ascète est cruel, et mon mur invisible,
Transpirent en mes organes, des élans glacés.
Les trois s½urs s'acharnent, mon as, en fil de ligne,
Dans la vallée des seins, et des cascades de lait
Caillé.
Et des lèvres qui s'éclipsent,
Comme dernier suffrage.
Fantôme,
Mon rire perdu dans ton ciel rouge.
______________________ ° 2 ème Prix ° Texte de Gromphillator © ________________________
« Haha, fais la belle. Accroupis-toi, salope. Hahaha. Un jouet. Tu n'es plus qu'un foutu jouet ! »
Les fils de nylon transperçaient Diane de toutes parts. Chacun de ses mouvements était souffrance. Peu lui comptait, Diane n'était plus de ce monde. Pas vraiment dans l'autre d'ailleurs. Ni vraiment morte, ni tout à fait vivante, a mi-chemin sur la route de l'éternité. Les larmes roulaient sur ses joues sanglantes alors que son esprit n'osait encore s'avouer toute l'horreur de la situation.
« Acquiesce, sale pute. Ce soir tu es mienne. »
Le fil attaché à son crâne se détendit, le crochet lui vrillait l'os. Son menton l'attira vers le bas en une horrible parodie de consentement. Un mouvement de tête qui lui fit cracher du sang. Il lui en restait encore elle n'aurait jamais penser en avoir tant en elle...
Ses yeux se fermèrent de douleur, elle n'avait plus la force de les rouvrir. Elle se rappela sa rencontre avec Aurélie, leurs baisers brûlants, leur amour fou. Leurs jeux érotiques prenaient toute leurs saveurs quand elles jouaient a être violentes, même si, déjà, Aurélie semblait douée dans ce domaine.
« Aujourd'hui je t'étrangle », avait annoncé fièrement sa compagne un beau jour, brandissant une ceinture en cuir. Diane avait aimé. Diane avait jouis plusieurs fois du fait d'être dominée. Elle aimait ça, elle l'avait toujours aimé. Etre souillée, être salie. Plus elle était traînée dans la boue, plus elle en redemandait. Même si elle n'avait jamais rencontré une personne qui puisse l'accompagner dans les profondeurs de sa perversion.
Personne avant Aurèlie. Sa compagne était née dominatrice, l'avait toujours été. Ses premiers rapports sexuels avaient été violents, elle avait même –dit-on- cassé les dents de son premier amour par jeu. Et avait joui en entendants ses râlements de douleur. Diane était amusée de ses rumeurs. Elle les savaient fondées, mais aimait voir le regard horrifié de ses interlocuteurs quand ils apprenaient que ce boucher féminin partageait le lit de la jolie brune.
Jusqu'à aujourd'hui. Ce jour horrible où Aurélie avait décidée de lui enfoncer des crochets un peu partout dans la peau. Evidemment, Diane avait refusée. Grave erreur, sa compagne, comme possédée, l'avait battue. Doucement au début, mais ses coups allèrent crescendo. Pendant un quart d'heure Diane se laissa battre, savourant l'odeur de son sang, son goût dans la bouche, entendant son nez se casser, sentant ses dents bouger, puis tomber. Au seuil de la conscience, Aurélie lui avait pissé dessus, l'avait arrosé de whisky, finissant ainsi la bouteille qu'elle avait entamée, puis lui avait vrillé un peu partout dans le corps les fameux crochets, avant de commencer a la diriger avec les fils. Un foutu pantin de chair.
Elle rouvrit les yeux. Les murs pourpres de sa chambre dansaient devant elle. Sa vie la quittait peu à peu. Peut-être avait-elle toujours désiré mourir ainsi, marionnette humaine et sanglante, horrible parodie de la vie ?
Elle entendait le rire grave d'Aurélie, sans pouvoir réellement distinguer les insultes. Prenant enfin conscience de son état, un orgasme terrible la ravagea, avant que la Mort l'accueille en son sein.
Singulière façon de mourir...
________________________ ° 3 ème Prix ° Texte de Misery © __________________________
Coquille sans vie... tes yeux inexorablement fermés sur ce que nous avons vécu. Te redonner vie parce que j'ai si bien sû te donner la mort. Je t'ai donné les ficelles de mon âme , de mon coeur . J'ai mis ce que j'avais de pire , de meilleur , de plus beau et de plus abjecte entre tes mains .
Jouir des caresses de tes doigts effilés , insassiable envie qui me taraudait et me brulait , incontrôlable. Je ne respirais plus de te voir aussi vivante.
Galope cheval , galope ma folle envie . Tu ne veux donc pas t'arrêter? Ta seule maîtresse se refuse à toi . A moi. Amour arrête de me brûler les entrailles , je te hais. Et toi...je t'aime. Plus encore depuis que j'ai serré ton cou délicat entre mes mains , sentant la vie s'échapper de toi et mon contrôle grandir encore et encore. Tu as perdu la vie et je te trouve enfin mon ange , je t'ai exorcisée , lavée de ce démon qui te possédait et se refusait à moi. Comme tu es belle et sereine et comme je suis heureuse de t'avoir délivrée.
Maintenant laisse moi t'habiter , te posséder à mon tour...oh nous serons tellement heureuses toi et moi. Laisse moi te donner la vie , te faire renaître... donne moi ce que tu as toujours refusé que je te donne : tes ficelles. Je voulais être ce pantin pour toi , respirer par ta bouche , voir
avec tes yeux , haleter comme une chienne et jouir selon ta volonté , tu n'as jamais voulu. Je t'ai tuer pour mieux te donner la vie. N'es-tu pas magnifique comme cela? Plus jamais tu ne pleureras , ne crieras , n'auras peur. Je suis ton âme depuis toujours , maintenant laisse moi avoir ton corps et récupérer ce qui m'est dû.
Ma poupée de cire si froide...tu me donnes tellement chaud. Laisse moi te réchauffer, partager avec toi la teinte rosée et la moiteur de ma peau contre la tienne glacée...laisse moi disposer de ton corps jusqu'à la fin...Dépêchons nous , tes yeux vitreux me montrent que le temps passe vite... Bouge au rythme de mes mains , montre toi selon mon bon vouloir et
laisse moi te serrer contre moi sans avoir peur de t'étouffer : tu n'as plus besoin d'air mais uniquement de moi. J'ai entre les mains les seuls liens capables de nous redonner vie , à nous et à notre amour.
Célébrons , dansons...jusqu'à ce que la mort nous réunissent...
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Voilà, je penses que comme le premier concours, il y aurait des plaintes, mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Ce deuxième appel à textes a été beaucoup mieux que le premier, j'ai adoré les Textes de Avena, de Ayngiel Geais et celui de Kirjava, navrée de ne pas pouvoir offrir de cadeaux à tous...
† Merci pour votre Participation †
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Lot de Lalouette: Le DVD de Ken Park de Larry Clark ou Le Livre de Jeremie d'Asia Argento
Lot de Groumphillator: Un Cd de son choix
Lot de Misery: Un roman de mon choix
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